Première démo mitigée pour Bard, la réponse de Google à ChatGPT

par | Fév 10, 2023

Google a annoncé Bard, son chatbot alimenté par l’Intelligence Artificielle, en réponse à ChatGPT d’OpenAI. « Bard sera disponible pour le grand public dans les semaines à venir », a expliqué Google ce lundi 6 février 2023. Si l’outil est prometteur, il a manifestement raté son entrée en lice, avec une erreur factuelle dans sa toute première démo. Explications…

Bard se trompe sur un fait datant de près de 20 ans

Un GIF partagé par Google montre Bard répondant à la question : « Quelles ont été les nouvelles découvertes réalisées par le télescope spatial James Webb et que l’on peut expliquer à un enfant de 9 ans ? ». En guise de réponse, Bard propose une liste à puces énumérant les découvertes les plus accessibles… dont celle-ci : « Le télescope spatial James Webb a pris les toutes premières images d’une planète en dehors de notre propre système solaire ». Très vite, un certain nombre d’internautes ont épinglé cette réponse, dans la mesure où la première image d’une exoplanète a été prise en 2004, comme indiqué sur le site de la NASA.

« Je suis sûr que Bard sera impressionnant, mais pour mémoire : le télescope James Webb n’a pas pris la toute première image d’une planète en dehors de notre système solaire », a tweeté l’astrophysicien Grant Tremblay. Bruce Macintosh, directeur des observatoires de l’université de Californie à UC Santa Cruz, a également signalé l’erreur : « Ayant moi-même imagé une exoplanète 14 ans avant le lancement du télescope spatial James Webb, je pense que vous devez trouver un meilleur exemple… », a-t-il tweeté.

Cette erreur implique une information qui date de 2004 et ne peut donc être imputée au fait que l’IA ne dispose pas d’informations récentes.

Les chatbots alimentés par l’IA « ne sont pas une machine omnisciente »

Plutôt que d’interroger une base de données de faits avérés pour répondre à des questions, les chatbots alimentés par l’IA sont formés sur d’énormes corpus de textes et analysent des modèles pour déterminer quel mot suit le suivant dans une phrase donnée. En d’autres termes, ils sont probabilistes, et non déterministes… une caractéristique qui a conduit un éminent professeur d’IA à les qualifier de « générateurs de bobards ».

Bien sûr, le web est déjà rempli d’informations fausses et trompeuses, mais le problème est aggravé par la volonté de Microsoft et de Google d’utiliser ces outils comme des moteurs de recherche. Dans ce cas, les réponses des chatbots prennent l’autorité d’une machine censée être omnisciente.

Microsoft, qui a présenté cette semaine son nouveau moteur de recherche Bing alimenté par l’IA, a tenté d’anticiper ces problèmes en déplaçant la responsabilité vers l’utilisateur. « Bing est alimenté par l’IA, donc des surprises et des erreurs sont possibles », indique un disclaimer. « Assurez-vous de vérifier les faits, et partagez vos commentaires afin que nous puissions apprendre et nous améliorer ! ».

De son côté, une porte-parole de Google, Jane Park, a fait cette déclaration à The Verge : « Cela souligne l’importance d’un processus de test rigoureux. C’est pourquoi nous lançons cette semaine notre programme Trusted Tester. Nous combinerons les commentaires externes avec nos propres tests internes pour nous assurer que les réponses de Bard aient un niveau élevé en matière de qualité, de sécurité et fiabilité ».

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